Du château du comte Sigefroid en 963 à un membre fondateur de l'UE et une place financière mondiale : les dates clés qui expliquent le Luxembourg d'aujourd'hui.
Pourquoi un pays de moins de 700 000 habitants accueille-t-il des institutions européennes, parle-t-il trois langues et gère-t-il l'un des plus grands centres de fonds d'investissement au monde ? La réponse tient dans mille ans d'histoire, commencée sur un promontoire rocheux au-dessus de la vallée de l'Alzette.
En 963, le comte Sigefroid acquiert un petit rocher fortifié appelé Lucilinburhuc — l'origine du nom Luxembourg. Le comté grandit, devient duché en 1354 et donne au Saint-Empire plusieurs empereurs, dont Henri VII et Charles IV. Sa position stratégique attire les grandes puissances : Bourguignons, Espagnols, Français, Autrichiens et Prussiens tiennent et renforcent tour à tour la forteresse, devenue si redoutable qu'on la surnomme le « Gibraltar du Nord ».
| Année | Événement |
|---|---|
| 963 | Le comte Sigefroid acquiert le rocher du Lucilinburhuc |
| 1354 | Le Luxembourg devient un duché |
| 1815 | Congrès de Vienne : le Luxembourg devient grand-duché |
| 1839 | Traité de Londres : le territoire prend ses frontières actuelles |
| 1867 | Neutralité déclarée ; la forteresse est démantelée |
| 1890 | Dynastie propre : la maison de Nassau-Weilbourg |
| 1940–1944 | Occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale |
| 1952 | Luxembourg-Ville accueille la Haute Autorité de la CECA |
| 1994 | Vieille ville et fortifications inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO |
L'indépendance se consolide au XIXe siècle, et la prospérité vient des terres rouges du sud : la sidérurgie, symbolisée par l'ARBED (fondée en 1911), fait du Luxembourg une puissance industrielle. Quand l'acier décline dans les années 1970, le pays se réinvente en place financière — banques et surtout fonds d'investissement — tout en se diversifiant dans les médias, la logistique, la technologie et le spatial. Membre fondateur du Benelux, de l'OTAN et des Communautés européennes, le Luxembourg reste un laboratoire de l'intégration européenne.
La devise nationale, « Mir wëlle bleiwe wat mir sinn » — nous voulons rester ce que nous sommes — s'est forgée au XIXe siècle, mais ce que le Luxembourg « est » n'a jamais cessé d'évoluer. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les allocutions radiodiffusées de la Grande-Duchesse Charlotte depuis l'exil ont fait de la monarchie un symbole de résistance, commémoré aujourd'hui au Musée national de la Résistance à Esch-sur-Alzette. Depuis, le pays s'est transformé démographiquement : près de la moitié des résidents actuels sont des ressortissants étrangers, représentant plus de 170 nationalités, et l'économie dépend chaque jour d'environ 200 000 frontaliers. La mentalité de forteresse a cédé la place à l'une des sociétés les plus ouvertes d'Europe — sans doute la transformation la plus luxembourgeoise qui soit.